Philosophie : bienvenue sur le site de Gérard Guillot.
Par Gérard Guillot le mardi 13 avril 2010, 02:32 - Bienvenue - Lien permanent
Je vous souhaite la bienvenue sur ce site-blog dont le but est de contribuer à une réflexion philosophique partagée. Il est ouvert à toutes et à tous avec un double souci de rigueur et de clarté mais son sérieux ne se prend pas au sérieux (le faux sérieux) et aime à se métisser avec l’humour.
Ce
site, créé le 14 juillet 2007, avait été perdu et a heureusement été retrouvé
pour une grande partie par mon fils Xavier. Il aura connu une longue période
d'inactivité mais il reprendra prochainement son cours ce mois d'avril
2010.
Ces contributions concernent, entre autres, l'éducation, et donc le politique et l’éthique, les normes et les « différences », le religieux et la laïcité, le savoir et la culture, le domaine artistique (arts visuels, musique, danse), le scientifique et l’économique, et des « faits » dits « d’actualité ». Leur lecture sera parfois jugée peut-être un peu aride (et non « à rides », du moins je l’espère !), mais en complément à bien d’autres sites très pertinents, mon souci est d’accompagner vers la simplicité de l’essentiel - qui est le contraire du simplisme -, sans cesse à (re)conquérir par delà les citadelles de nos certitudes et de nos habitudes enkystées dans un quotidien « formaté » par les prédateurs de nos espoirs.
Je dépose des documents et des références pour mes étudiants, les collègues et publics auprès de qui j'interviens, et toute personne intéressée. Je vous informe de mes travaux, conférences, recherches en cours, et ajoute l’accès à des liens.
Comment je vois la Philosophie
La philosophie est un terreau dans lequel la réflexion, rationnelle, argumentée, nourrie de doute, de critique, mais aussi gourmande de créativité, aborde les choses de la vie, prosaïques comme énigmatiques. Elle est une école d’étonnement et de questionnement, d’in-quiétude, qui conduit à vouloir rencontrer l’altérité, l’Autre qui nous altère et nous fait évoluer. La philosophie ne connaît pas les frontières, elle ne peut être décrétée « officielle » sans cesser d'être philosophique. L'Etranger, avec son « inquiétante étrangeté » pour reprendre un titre de Freud, est son invité privilégié au banquet du dialogue : car philosopher n'est point affaire de ressemblance mais occasion de rassemblance.
La philosophie est une démarche dynamique, une relation interrogative au monde. Socrate en est l'exemple emblématique. On dit volontiers que la philosophie concerne les questions sans réponses, en tout cas sans réponses scientifiques actuelles : elle concerne plutôt les réponses qui, oublieuses des questions initiales qui leur ont donné sens dans des conditions et un contexte particuliers, sont devenues des réponses toutes faites, des évidences voire des préjugés.
Revenir à une question ne suffit point encore : une question exprime l'aspect d'un problème à retrouver, à revivifier, à renouveler. La philosophie est une recherche de principes premiers. Le risque du dogmatisme, l'illusion d'un système explicatif définitif, la guettent, bien sûr, mais elle a, pour cette raison même, vocation à remettre « cent fois sur le métier » ses propres fruits aussi longs furent-ils à mûrir. Pour reprendre la distinction du philosophe contemporain E. Lévinas, elle n'est pas du côté de la totalité mais du côté de l'infini.
C'est pourquoi l'étude des grands
auteurs, à l'abord parfois austère, est une école d'humilité critique. Philosopher
n'est aucunement chercher le confort de certitudes auxquelles s'adosser
pour devenir « un ingénieur de son existence » (et souvent
de celle des autres !) : elle est un effort, permanent, à produire pour
dépasser ses idées reçues et cheminer vers ce qu'il pourrait en être de
l'essentiel. C'est une
randonnée de l'esprit qui gravit une montagne sans savoir si elle a un
sommet.
Que chacune, chacun, puisse philosopher, dans un café ou ailleurs, certes et heureusement : la philosophie n'est pas une forme d'ésotérisme réservée à une élite, au contraire. Elle exprime l'humaine condition, avec ce souci récurrent : ai-je un destin à subir ou bien puis-je me construire une histoire personnelle ? Mais un débat d'idées, logique et rationnellement argumenté, ne se réduit pas à une confrontation d'opinions. La philosophie ne consiste pas à « opiner du chef » et moins encore à opiner devant un « Chef » ! Diderot écrivait, en 1796, dans son ouvrage dialogué « Jacques le fataliste et son maître »: « Jacques suivait son maître comme vous le vôtre ; son maître suivait le sien comme Jacques le suivait. - Mais, qui était le maître du maître de Jacques ? - Bon, est-ce qu'on manque de maître dans ce monde ? » (Ed. Y. Belaval, Paris, Folio/gallimard, 1973, p. 83).
Que les vulgarisations
aient leur utilité, et j'y reviendrai : oui, mais à condition qu'elles ne
s'achèvent pas dans des catéchismes du bien être dont certains, philosophes ou
autoproclamés tels, ne sont pas avares sur nos scènes médiatiques et
éditoriales. Nous sommes souvent face à un véritable « débit
d'initiés » ! La philosophie n'est pas une religion ni une thérapie. Si
elle est un aiguillon pour la pensée, elle n'autorise nullement à penser pour
les autres. Sa finalité est d'apprendre
à penser et à juger par soi-même dans le souci d’une humanité
pacifiée et sans exclusion aucune.
Commentaires
Salut mon petit camarade. Je suis heureux de voir que ta forme philosophique est toujours olympienne. J'ai bien aimé ton billet sur la connerie (je m'y suis reconnu en partie !). Tu as oublié cette sentence définitive d'Audiard dans les tontons flingueurs : "les cons, ça ose tout ! c'est même à ça qu'on les reconnaît". Tu vois, j'ose encore... et comme disait l'autre "j'ai l'impression que les cons de l'année prochaine sont déjà arrivés". Mais on finit par s'habituer à tout.. en espérant que cette habitude-là ne devienne pas le cercueil de nos espérances.
Au fait, comme tu l'auras remarqué, larvatus prodeo...
Et je termine comme commençait Platon : porte-toi bien